| Interview Bambs (ex-Rapadango) et Blazz (Da Hopp) |
| 27-09-2007 | |||||||
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Quand on vous parle de rap malgache, impossible de ne pas citer le groupe Da Hopp. A l’origine du rap malgache, les membres du groupe (X-Tah, Blazz, Jento, Ben G) sont aujourd’hui considérés par les jeunes rappeurs comme des « grands frères ». Pas très loin de ce groupe dans la cour du rap malgache, le groupe Rapadango, dont a fait partie X-Tah a aussi participé à l’essors du hip hop à la sauce malgache. Nous avons rencontré Bambs, une des membres du groupe Zazavavindrap et ex membre de Rapadango, et Blazz membre actif du groupe Da Hopp. D’une pierre deux coups, interview (presque) croisée. Generation Gasy : Salut Bambs et Blazz, pouvez-vous rapidement vous présenter ? Bambs : Salut, moi c’est Bambs, je suis une ex membre du groupe Rapadango avec X-Tah et Tax Bouta au début, puis Tongue Nat. Je suis également membre du groupe Zazavavindrap avec Bug et Nah. Blazz : Moi c’est Blazz, 4ème membre du groupe Da Hopp avec X-Tah, Jento et Ben G. Je suis membre de ce groupe depuis le début de sa création. Bambs : L’amour du bon « black », le rap même, les beats, la vibe. Tout ça m’a donné envie de rapper. Ca me permet aussi de m’exprimer à travers une culture beaucoup plus proche des jeunes. Blazz : À l’origine, on admirait Benny B vers le début des années 90, on regardait leurs clips à la télé. C’était les débuts du mouvement hip hop à Mada. Mais on s’intéressait plus au break dance et au smurf plutôt qu’au rap. Il y a eu aussi la première émission rap à Mada, Doggy Style en 1993. A partir de là, on a commencé par suivre le mouvement HH, à savoir danser, puis petit à petit on a posé nos premières rimes en anglais. Generation Gasy : C’est donc là les débuts du groupe Da Hopp dont tu es membre? Blazz : C’est exactement ça, on a suivi le "mouv" qui venait de débarquer à Mada.
Generation Gasy : D’ailleurs, peux-tu nous faire une rapide historique du groupe? Blazz : Comme je disais tout à l’heure, on a commencé par danser avant de rapper. C’est ainsi qu’à partir de 1992 on a formé le premier groupe de danse à Mada nommé MCM Boyz. Pendant 3 à 4 ans, on participe à des concours de danse, et on en sort 4 fois gagnant. Puis viennent les premières rimes en anglais en 1993, on a ensuite commencé à rapper en malgache en 1994 jusqu’à…présent (sourire). En 2001 on sort notre premier album intitulé « Fanantenana ». Le deuxième est en préparation…
Generation Gasy : Quelles sont vos activités à part le rap ? Bambs : Je suis encore étudiante en communication médiatique. Je suis en 3ème année à l’Université de Tana. J’aimerai poursuivre dans le domaine de la publicité ou la décoration intérieure. Sinon j’aime écouter la musique black, regarder les films black. Blazz : Moi j’ai fini mes études, je suis déjà dans le circuit professionnel. Mais tu sais, ici ce n’est pas facile de trouver du travail. Et contrairement à l’Europe, le monde de la chanson à Mada ne permet pas encore de vivre.
Generation Gasy : Avez-vous déjà travaillé avec des artistes hors Mada ? Bambs et Blazz : On a tous les deux déjà travaillé avec Breece Lu, un rappeur malgache basé en France, il y a quelques années. Blazz : Da Hopp a aussi participé à la première partie des concerts de Busta Flex en 2004 et Lord Kossity en 2006.
Generation Gasy : D’autres featuring sont-ils à prévoir ? Blazz : À long terme non, pour l’instant ce n’est pas en projet. Nous nous concentrons plus sur la sortie prochaine de notre deuxième album. Bambs : Une préparation d’album a été prévue, mais Bug a due partir à l’étranger pour au moins 3 ans afin de poursuivre ses études. Donc on verra ce qui va se passer d’ici là. On espère que ce n’est pas un projet abandonné Blazz : Oui, on prépare un deuxième album qui sera intitulé « Mada Fak ». Les titres ont déjà été enregistrés en 2004 mais depuis on s’est séparé de notre producteur. C’est donc plus difficile de s’auto produire, d’où le retard de sa sortie.
Generation Gasy : Expliques-nous le titre « Mada Fak ». Que signifie « Fak » ? Blazz : « Fak » est la contraction du mot « Fakany » (« racine » en français). C’est une reconnaissance de nos origines malgaches, ça vient du fait que l’origine de notre rap est à Mada : « Mada ny fotony ».
Generation Gasy : D’autres projets à venir ? Un concert ? Bambs : Pour l’instant non. J’ai quelques idées de projets en featuring mais rien de concret encore… Blazz : Pour Da Hopp, un clip est en projet. Concernant un éventuel concert, nous participons à quelques évènements, le dernier en date était au CCESCA durant les Jeux des Iles, ou à des parties de concert, mais aucun concert uniquement consacré à Da Hopp n’est prévu.
Generation Gasy : Vous deviez participer à un festival HH en France. Pourquoi n’y êtes vous finalement pas allé ? Blazz : Le festival se déroulait pendant un mois. Le principal obstacle était la disponibilité de X-Tah. Il n’était disponible que deux semaines, or l’organisateur voulait faire venir le groupe entier et ce, pour tout le mois. D’autre part, tu connais aussi bien que moi la raideur actuelle des ambassades concernant les visas.
Generation Gasy : Partie remise donc ? Blazz : Bien sûr ! Participer à des évènements comme ceux là ne peut que être bon pour nous et la communauté malgache ! Mais c’est dommage qu’il y a peu de partenaires pour nous soutenir.
Generation Gasy : Bambs, après un départ plutôt encourageant, ton groupe Zazavavindrap a connu un coup d’arrêt. Pourquoi avoir arrêté si tôt ? Bambs : Il s’agit principalement d’un problème de disponibilité, car j’allie mes études au travail, et je préfère mettre une priorité sur mes études pour l’instant. Le temps est donc très serré. Puis il y a eu aussi le départ de Bug à l’étranger qui a éparpillé le groupe.
Generation Gasy : Comptes-tu te lancer dans une carrière solo ? Bambs : Pourquoi pas ? (sourire). En attendant je prépare des sons en featuring avec Farah, une rappeuse. J’ai aussi un projet de featuring avec d’autres rappeurs malgaches, mais comme je l’ai dit, il n’y a rien de concret encore.
Generation Gasy : Blazz, vous qui êtes les pionniers du rap malgache, que penses-tu de son niveau actuel ? Blazz : Beaucoup font des efforts, certains ont arrêté, d’autres continuent. Le niveau général est en constante évolution, mais je trouve qu’il manque des sources de motivation, malgré l’envie. Le problème du rappeur, c’est qu’il a une mauvaise image. Il y a beaucoup trop de préjugés, le rappeur est « maditra » pour beaucoup. Alors qu’il n’en n’est rien ! C’est pourquoi les sponsors sont peu nombreux, personne n’ose y investir, pourtant c’est un marché ouvert.
Generation Gasy : Bien, Bambs et Blazz je vous remercie encore pour cet entretien… Bambs et Blazz : Merci à toi !
Extraits musicaux Da Hopp - Ady kle Rapadango - Iray ihany ny fototra Zazavavindrap - ABD Mattez le clip de Zazavavindrap sur Generation-Gasy.com
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